Il s'agit d'un classique de Barjavel mais je ne m'y étais jamais aventurée...
ça commence comme un roman d'anticipation plutôt gentillet. Publié en 1943, l'auteur a imaginé une société futuriste dans laquelle l'homme maîtrise l'énergie et a conçu des tas de machines perfectionnées pour tout faire. On vit dans de gigantesques villes et l'on se déplace très rapidement grâce à des transports aériens. Les cultures et l'élevage ont été remplacés par des productions industrielles.
Le héros de l'histoire, François, fait de brillantes études d'ingénieur à la Capitale où il est heureux de retrouver une compatriote, Blanche, jeune femme originaire comme lui de Provence, une des rares régions a avoir conservé un mode de vie plus archaïque et notamment des fermes et des vergers car les scientifiques n'ont pas réussi à produire de bons fruits de manière artificielle.
Mais Blanche est belle et elle a été repérée par le grand patron des médias qui veut en faire une vedette et l'épouser...
On pense avoir compris où cette histoire d'amour contrarié va nous mener mais tout bascule un soir avec une panne générale d'électricité qui va tourner à la catastrophe dans cette société où tout a été pensé par rapport à cette énergie (y compris les autres énergies qui lui sont liées).
Commence alors un récit d'apocalypse qui m'a fait penser à « La survivante » mais aussi plus récemment au film « La route » adapté du roman de Cornac Mc Carthy.
Pour survivre et sauver celle qu'il aime, François va organiser une petite bande d'alliés qui vont tâcher de se rendre par leurs propres moyens vers le Sud.
J'ai trouvé ça assez violent et je me suis demandé dans quelle mesure la période de guerre pendant laquelle le roman avait été écrit avait pu influencer son auteur.
Il y est question de résistance donc mais aussi de bêtise humaine, de question technologique et de pouvoir.
Je ne sais trop que penser de la fin et des valeurs qui y sont honorées mais c'est sans doute à replacer dans le contexte.
Un excellent livre qui me semble parfaitement d'actualité et pousse à réfléchir à nos modes de vie et à leurs implications.