"Samir parlait extrêmement rarement. Quand on lui adressait la parole, il se bornait à sourire d'un air engageant. c'était sa manière de ne pas dire de bêtises et de s'attirer la bienveillance de ses interlocuteurs.
Mais si la parole ne passait pas fréquemment la frontière de ses lèvres, elle occupait tout son être, et à tout bout de champ. Pour lui-même Samir était un incorrigible bavard. A longueur de journée, les mots allaient et venaient en lui et faisaient des phrases. Il lui arrivait parfois, à la fin de la journée, d'être complètement épuisé de s'être tellement parlé. (...) Pourtant Samir n'avait rien d'un pauvre paresseux. Bien au contraire. Il était très riche à l'intérieur. Mais très secret pour l'extérieur." (p.12-13)
(La prédiction de Nadia, Marie Desplechin)