« Le pays perdu
Rêves-tu d'un pays qui n'ait plus de saisons ?
Il est peut-être en toi quand ton âme est égale,
Comme parfois la mer ou les guérets profonds
Dont rien ne vient couper la fuite horizontale.
Rêves-tu d'un pays qui ne changerait pas ?
Il est peut-être en toi dans l'espace d'une heure.
De ce pays sans fin quel coeur ne serait las ?
Même la fée attend le nuage qui pleure.
Il lui faut une goutte encore sur ses mains
Et que s'enflent au loin les belles joues d'Eole.
Parfois même à regret elle songe aux humains
Qui s'en vont sous l'averse et foulent l'herbe folle. »
(Pierre Menanteau, Oeuvre poétique tome II)