Je ne sais plus trop ce qui m'a attiré en premier dans ce roman mais je pense que c'est le titre.
Au début de ma lecture j'ai découvert une histoire fortement ancrée dans une période avec des enjeux politico-sociaux et je n'étais pas sûre que cela me plaise mais en fait je me suis attachée aux personnages et j'y ai surtout vu des histoires individuelles, une belle solidarité et beaucoup d'humour.
On suit pendant 4 ans, le jeune Michel (de 12 à 16 ans) dans sa fréquentation du Club.
Au début des années 60, Michel vit dans une famille un peu improbable entre un père fils d'immigré italien communiste et une mère issue de la bourgeoisie catholique parisienne, héritière d'une entreprise d'installations sanitaires et électroménager. Elève paresseux mais lecteur acharné, il se passionne pour le rock et le baby-foot. Jusqu'au jour où il découvre dans l'arrière-salle du café où il vient jouer une curieuse réunion d'hommes aux accents étrangers qui disputent des parties d'échec silencieuses...
C'est ainsi que Michel va faire la connaissance d'Igor, Léonid, Pavel, Vladimir, Werner et Sacha, exilés d'Europe de l'Est en attente d'un asile politique sans cesse repoussé. Il va petit à petit découvrir leurs histoires, leur vie, et leur solide sens de la débrouille.
Il y aurait encore à dire tant ce pavé traverse de thèmes de la guerre d'Algérie à la photographie, du régime soviétique à la poésie...
Je suis tentée de rapprocher ce livre des gros romans d'Anna Gavalda pour ces beaux portraits dont les destinées s'entrecroisent. En tout cas pour moi un énorme coup de coeur et une lecture que j'ai eu du mal à lâcher.