• Le savoir

     

    “Au commencement des temps, l’araignée pensait être la gardienne de la sagesse. Cependant, elle vint à s’étonner de l’extraordinaire progrès du savoir chez les autres animaux et chez les hommes.

     

    — Un de ces jours, se dit-elle, ils deviendront aussi intelligents que moi et prendront ma place. cela, je ne puis le tolérer !

     

    Elle se procura alors une petite gourde et par magie y enferma l’intelligence, la connaissance, la réflexion, l’imagination... de toutes les créatures vivantes ! Elle ajusta une cordelette à son flacon dans l’idée d’aller le cacher en haut d’un baobab en le portant autour de son cou.

     

    Elle commença à grimper, mais la fiole était tellement lourde qu’elle ballottait sans cesse, faisant retomber l’araignée sur le sol à chaque nouvel essai. Soudain, du sommet de cet arbre gigantesque, une tourterelle se mit à chanter :

    — Mets ta gourde sur ton dos ! Mets ta gourde sur ton dos !

     

    L’araignée se dit : cette pauvre tourterelle a raison ! Bien que je l’aie vidée de toute son intelligence, elle est plus maligne que moi ! Alors, elle eut honte de son orgueil et de sa soif de pouvoir. Elle abandonna son précieux chargement, qui s’ouvrit en libérant tous les savoirs volés.

     

    La tourterelle en haut du baobab, réjouie par ce spectacle, dit à l’araignée, en s’envolant vers le ciel :

    — Il n’y a personne qui ne connaisse rien, il n’y a personne qui connaisse tout !”

     

    Noldi Christen, Mon coeur est dans ce caillou

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